Sur un lot NPI de 480 cartes en 2026, une ligne WellPCB a vu le rendement premier passage passer de 91,8 % à 97,6 % après deux changements vérifiés au SPI : nettoyage stencil toutes les 6 impressions et réduction de 12 % du volume sur les ouvertures QFN 0,5 mm. Le dossier citait IPC-J-STD-001 pour les exigences de brasage, IPC-A-610 pour l acceptabilité après refusion et IPC-7525 pour la revue stencil.
Cet article s adresse aux ingénieurs industrialisation, acheteurs EMS et responsables qualité qui préparent un prototype ou une série dense en assemblage SMT. L objectif est simple : savoir quand demander un SPI, quels seuils lire et quelles actions exiger du fournisseur.
1. Ce que le SPI change vraiment
Le SPI contrôle la pâte à braser juste après l impression, donc au seul moment où l on peut corriger sans dessouder. Une machine 3D mesure la hauteur, l aire et le volume de chaque dépôt, puis compare le résultat à une bibliothèque de pads. Pour une carte avec BGA, QFN, 0201 ou connecteurs fine pitch, ce contrôle sépare une ligne stable d une ligne qui découvre les ponts en fin de four.
Les articles génériques disent souvent que 60 à 80 % des défauts SMT viennent de l impression. Le chiffre est utile, mais la question d achat est plus concrète : votre fournisseur ferme-t-il la boucle entre SPI, imprimante, stencil et profil de refusion SMT ? Sans action sur la ligne, le SPI devient un écran d alarme que les opérateurs finissent par ignorer.
“Sur une carte 0,5 mm pitch, je préfère un SPI avec 3 % de faux appels corrigés chaque matin plutôt qu une AOI parfaite qui découvre 22 ponts après refusion. IPC-A-610 juge le résultat, mais le SPI protège le process avant que le défaut existe.”
2. SPI, AOI, rayons X : quel contrôle voit quoi ?
Aucun contrôle ne couvre toute la chaîne SMT. Le SPI voit le dépôt avant placement, l AOI voit l assemblage visible, les rayons X voient les joints cachés et l ICT confirme le comportement électrique. La bonne décision consiste à placer le contrôle au moment où l action corrective coûte le moins cher.
| Méthode | Mesure | Meilleur usage | Limite |
|---|---|---|---|
| SPI 3D inline | Volume, hauteur, surface, offset X/Y, forme du dépôt | NPI dense, QFN, BGA, 0201/0402, cartes médicales ou automobiles | Demande une programmation pad par pad et une gestion des faux appels |
| SPI premier article | Même mesure 3D, mais sur le démarrage de lot seulement | Petites séries, prototype, changement de stencil ou pâte | Ne voit pas la dérive après 50 à 200 impressions |
| AOI après refusion | Ponts, composants manquants, polarité, joints visibles | Contrôle final selon IPC-A-610 et dossier client | Le défaut est déjà cuit, donc la retouche coûte plus cher |
| Inspection visuelle | Dépôt absent, bavure évidente, pollution grossière | Dépannage rapide hors ligne ou très faible volume | Pas de volume réel, faible répétabilité sur fine pitch |
| Rayons X | Void, ponts cachés, alignement BGA après refusion | BGA, QFN et validation des joints invisibles | N empêche pas le défaut d entrer dans le four |
| ICT / flying probe | Ouverts, courts, valeurs électriques, continuité | Validation fonctionnelle et couverture test | Ne dit pas si le dépôt pâte était stable au départ |
Le point pratique : si votre défaut principal est le pont entre pins, commencez par SPI et stencil. Si le défaut principal est un joint caché sous BGA, ajoutez les rayons X BGA. Si le défaut est une valeur erronée, l ICT ou le flying probe devient prioritaire.
3. Les seuils SPI qui déclenchent une vraie action
Un seuil SPI doit déclencher une décision, pas seulement colorer un écran en rouge. Pour démarrer une NPI, une fenêtre de volume 80 à 120 % de la cible donne souvent assez de marge pour séparer les dérives réelles des variations acceptables. Les pads QFN thermiques, BGA et connecteurs serrés demandent ensuite des limites par famille de composant.
| Paramètre | Vert | Surveillance | Arrêt ligne |
|---|---|---|---|
| Volume pâte | 80 à 120 % de la cible | 70 à 80 % ou 120 à 140 % | <70 % ou >140 % sur pads critiques |
| Offset X/Y | <20 % de la largeur pad | 20 à 30 % | >30 % ou tendance répétée côté même axe |
| Hauteur dépôt | ±15 % autour stencil | 15 à 25 % | >25 % avec forme instable |
| Aire dépôt | 85 à 115 % | 75 à 85 % ou 115 à 130 % | Pont probable ou ouverture stencil obstruée |
| Nettoyage stencil | Cycle stable 5 à 10 impressions | Dérive dès 3 à 5 impressions | Bavure ou manque récurrent |
| Faux appels SPI | <2 % sur lots maîtrisés | 2 à 5 % | >5 % sans revue programme |
Le seuil le plus utile n est pas toujours le plus serré. Sur une carte industrielle à 820 composants, nous avons réduit les arrêts inutiles de 37 à 11 par équipe après avoir séparé les pads 0603 non critiques des QFN puissance dans le programme SPI. Le taux de ponts est resté à zéro sur 1 200 cartes, mais l opérateur ne contournait plus l alarme.
“Un programme SPI sans classes de criticité mélange une résistance 0603 et un QFN thermique dans le même panier. Pour un dossier IPC-J-STD-001 Classe 3, cette simplification crée plus de bruit que de maîtrise process.”
4. Les défauts que SPI trouve avant le four
Le SPI trouve les défauts de dépôt qui deviendront des ponts, opens, tombstoning ou voiding après refusion. Les signaux fréquents sont le volume insuffisant, l excès de pâte, l offset X/Y, la forme irrégulière, la bavure entre pads et l absence de dépôt. Pour relier le défaut à sa cause, il faut regarder le stencil, les supports PCB, les fiducials et la pâte.
Volume bas
Ouverture bouchée, pression raclette trop faible, séparation mal réglée ou stencil sale. Action : nettoyer, vérifier tension stencil, comparer 5 cartes consécutives.
Volume haut
Ouverture trop grande, pâte trop fluide, snap-off instable ou pression excessive. Action : vérifier IPC-7525, réduire aperture ou revoir température atelier.
Offset X/Y
Fiducial mal lu, PCB gauchi, mauvaise mise en appui ou décalage stencil. Action : recalibrer caméra, contrôler support sous composants fine pitch.
Pont pâte
Web stencil trop faible, pâte étalée, nettoyage trop rare. Action : réduire ouverture, changer fréquence de nettoyage, revoir masque soudure.
Pour les composants sensibles à l humidité, le dépôt pâte n est qu une partie du risque. Les boîtiers MSL doivent suivre les règles de manipulation liées à J-STD-020, sinon un profil correct peut quand même produire popcorning ou voiding. Le SPI complète donc la gestion MSL, il ne la remplace pas.
5. Comment auditer un fournisseur EMS sur le SPI
Un bon audit SPI commence par les questions de preuve. Demandez si le SPI est inline ou seulement premier article, quelles familles de composants ont des seuils séparés, combien de faux appels sont acceptés et qui peut modifier le programme. La réponse doit inclure des données de tendance, pas seulement une photo de machine.

Pour un prototype PCB, demandez au minimum le rapport premier article : captures des pads critiques, volume moyen, écart type, offset et décision de nettoyage stencil. Pour une série, demandez le Pareto des alarmes et les règles d arrêt. Un fournisseur qui ne relie pas le SPI au stencil PCBtraite le symptôme, pas la cause.
“Dans nos revues fournisseur, une courbe SPI vaut plus qu une phrase commerciale. Si le volume dérive de 96 % à 74 % en 40 impressions et que personne ne nettoie le stencil, la prochaine carte défectueuse est déjà programmée.”
6. Standards à citer sans les confondre
Les standards ne disent pas tous la même chose. IPC-J-STD-001 décrit les exigences de brasage des assemblages électroniques. IPC-A-610 sert de référence d acceptabilité visuelle après assemblage. IPC-7525 aide à cadrer la conception du stencil, tandis que J-STD-005 classe les pâtes à braser par caractéristiques de matériau.
Dans un cahier des charges, écrivez donc une exigence vérifiable : SPI 3D sur pads BGA, QFN et pitch inférieur ou égal à 0,5 mm ; rapport NPI avec volume moyen, écart type et offset ; acceptabilité finale selon IPC-A-610 Classe 2 ou Classe 3 selon le produit. Cette phrase évite le flou entre contrôle process et acceptation finale.
7. Mini-plan NPI en 5 étapes
Classer les pads critiques
BGA, QFN, 0201/0402, connecteurs fine pitch, pads thermiques et zones puissance.
Valider stencil et pâte
Épaisseur, aperture, ratio de surface, type de pâte et fenêtre d utilisation.
Programmer SPI par famille
Seuils séparés pour composants critiques et passifs standard afin de limiter les faux appels.
Relier SPI à la ligne
Règles de nettoyage, arrêt, correction offset, contrôle support PCB et verrouillage révision stencil.
Comparer à AOI et test
Vérifier que la baisse des alarmes SPI réduit vraiment les ponts, opens, retouches et défauts ICT.
8. Les erreurs qui rendent un SPI inutile
Le piège le plus courant est de traiter le SPI comme une station de tri. L opérateur accepte ou rejette une carte, mais personne ne regarde si les cinq dernières cartes montrent la même dérive sur le même coin du panel. Dans ce cas, le défaut vient souvent du support PCB, d une séparation stencil mal réglée ou d une carte qui fléchit près des rails convoyeur.
La deuxième erreur est de copier une fenêtre globale sur tous les composants. Un dépôt 0603 à 76 % de volume peut rester sans conséquence mesurable, alors que le même 76 % sur un pad thermique QFN puissance peut augmenter la résistance thermique et le risque de voiding. Les standards IPC-A-610 et IPC-J-STD-001 donnent un langage commun pour discuter de l acceptabilité, mais le seuil SPI doit rester un outil de pilotage process.
La troisième erreur est de ne jamais relier SPI et rework. Si un lot produit 18 retouches de ponts sur un connecteur 0,5 mm, le rapport qualité doit revenir au dépôt pâte : volume moyen, aire, offset, nettoyage stencil et alignement fiducial. Une retouche isolée répare une carte. Une tendance SPI corrigée protège les 500 cartes suivantes.
9. Décider quand payer pour le SPI
Le SPI n est pas nécessaire avec la même intensité sur chaque commande. Pour une carte simple, passifs 0805, pitch large et vingt exemplaires, un premier article contrôlé peut suffire si le risque terrain est faible. Pour une carte médicale, IoT dense ou automobile avec BGA, QFN et boîtiers 0,4 à 0,5 mm, le SPI inline devient une assurance process beaucoup moins chère qu une campagne de retouche après refusion.
Utilisez une règle d achat simple : si le coût d une carte assemblée dépasse le coût de 10 minutes de contrôle process, ou si une panne terrain impose un retour produit, demandez un rapport SPI au démarrage. Si le lot dépasse 200 cartes et que le stencil travaille sur des ouvertures fines, demandez aussi la tendance en cours de série. Le prix ne doit pas être séparé de la preuve fournie.
Pour les dossiers en électronique médicaleou en électronique automobile, ajoutez une ligne claire dans le RFQ : composants critiques listés, seuils SPI proposés, critères d arrêt, personne autorisée à libérer une alarme et format du rapport. Cette précision évite une réponse fournisseur vague comme « contrôle qualité inclus », qui ne dit rien sur le volume pâte, l offset ou la répétabilité.
10. Comment lire un rapport SPI sans se perdre
Un rapport SPI utile montre la tendance, pas seulement une capture verte. Cherchez d abord le volume moyen des pads critiques, puis l écart type et les pires offsets. Si le volume moyen est correct mais que l écart type explose sur une zone, le problème peut venir du support local de la carte. Si toute la carte dérive dans la même direction X, l hypothèse stencil ou fiducial devient prioritaire.
Dans une revue de production, nous utilisons trois questions rapides. Le défaut est-il local ou global ? Est-il stable ou progressif sur les impressions ? Touche-t-il un composant critique ou seulement une zone tolérante ? Ces questions évitent de changer trop de paramètres à la fois. Modifier raclette, pâte, support et profil dans le même quart d heure détruit la corrélation cause-effet.
FAQ inspection SPI pâte à braser
À quoi sert le SPI dans une ligne SMT ?
Le SPI mesure le dépôt de pâte à braser après impression et avant placement. Sur une carte avec QFN ou 0402, il suit le volume, la hauteur et l offset X/Y pour bloquer un défaut avant refusion.
Quel seuil de volume SPI faut-il utiliser ?
Une fenêtre 80 à 120 % convient souvent au démarrage, mais les pads thermiques QFN, BGA ou connecteurs fine pitch demandent un seuil ajusté par fonction. Les arrêts sous 70 % ou au-dessus de 140 % sont fréquents sur pads critiques.
Le SPI remplace-t-il l AOI après refusion ?
Non. Le SPI contrôle la pâte avant placement, tandis que l AOI valide le résultat visible après refusion selon IPC-A-610. Les deux contrôles couvrent des moments différents du risque SMT.
Quand demander un SPI 3D inline à un fournisseur PCB ?
Demandez-le pour BGA, QFN, 0201/0402, pitch inférieur ou égal à 0,5 mm, médical, automobile ou tout lot où la retouche coûte plus cher que 10 à 20 minutes de contrôle process.
Quels standards citer dans un dossier SPI ?
Citez IPC-J-STD-001 pour les exigences de brasage, IPC-A-610 pour l acceptabilité après assemblage, IPC-7525 pour la conception stencil et J-STD-005 pour la classification pâte à braser.
Pourquoi un SPI donne-t-il des faux défauts ?
Les faux appels viennent souvent d une bibliothèque pad mal alignée, d un PCB gauchi, d un fiducial sale ou d un seuil trop serré. Au-dessus de 5 % de faux appels, le programme SPI doit être revu.
Sources et références
- IPC et standards d assemblage électronique
- Classification et usage de la pâte à braser
- Inspection optique automatisée et étapes de contrôle PCB
- Recherche sur données SPI/AOI et détection de défauts PCB
Auteur et contexte d expérience
Article préparé pour WellPCB France avec retours de ligne SMT, contrôle qualité PCB et revues DFM. WellPCB travaille depuis plus de 10 ans sur fabrication PCB, assemblage SMT/THT, tests, câblage et box build pour clients industriels, médicaux, IoT et énergie. Les critères cités doivent toujours être confirmés dans le dossier qualité propre au produit.

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